Récit de la naissance de ma fille en Mdn

ATTENTION, TRES LONG!;-)

Après avoir lu tous ces beaux et inspirants récits de naissance, j’ai moi aussi eu envie de partager la naissance de ma 2ème fille née il y a trois mois en Maison de naissance. Nous avons décidé d’opter pour la Mdn après un premier accouchement à l’hôpital (accouchement qui fut plutôt un bel accouchement médicalisé avec plusieurs choses respectueuses de mes besoins et de ceux du bébé mais...), car nous avions envie que mon mari ait une place à part entière durant cette naissance, que nous puissions être dans notre bulle sans être dérangés outre mesure et que l’accouchement puisse se faire sans qu’il y ait de multiples intervenants, que nous ne connaissons pas de surcroît. J’avais aussi mal supporté la lumière trop intense et le bruit des va et vient de l’hôpital, alors accoucher dans un petit nid cosy, dans la pénombre et le respect de mes besoins m’a beaucoup attirée. Finalement, j’avais envie de vivre la naissance de mon bébé en étant pleinement connectée à lui, en pouvant être à son écoute et être à la mienne, bref de vivre un accouchement physiologique en étant actrice de ce processus naturel. Par chance, toute ma grossesse s’est parfaitement bien déroulée et nous avons pu vivre cette mise au monde telle que nous l’espérions.

Ma douce petite fille, voici comment tu es venue au monde. Tu étais attendue autour du 9 janvier, mais tout le monde se doutait que tu arriverais un peu plus tôt. Le 3 janvier, dernier jour de vacances de ton papa, je ressens parfois une contraction, plus marquée que celles des semaines précédentes, mais pas trop douloureuse non plus. Vers 21h, je remarque que j’ai toujours ce même type de contractions, mais plus fréquemment, peut-être 2-3 en une heure. Cela avait été le cas le soir d’avant également et je pense que cela va se calmer. Nous nous disons quand même que les choses se préparent et que ta naissance est pour ces prochains jours, alors nous décidons de faire nos sacs pour la Mdn et de faire quelques photos de mon ventre de femme enceinte dans ta future chambre. Nous commençons à regarder un film sur l’ordinateur et vers 23h, je dis à ton papa que je vais aller prendre un bain pour que les contractions s’arrêtent, afin que je puisse aller dormir ; j’en ai toujours environ 3 par heure, que je sens bien. Nous finissons de regarder le film dans la salle de bain ( !) et les contractions se calment. Nous allons ensuite au lit et profitons de faire un petit peu d’haptonomie car tu bouges beaucoup. Ton papa s’endort et vers minuit et demi, je me lève car je n’arrive pas à dormir, les contractions sont fortes, mais toujours espacées. Je vais au salon, ton papa s’est endormi. Je me dis que le travail est en train de se mettre en route. Je décide d’envoyer un message à la sage-femme pour la tenir au courant des événements. Je ne suis pas sûre que ton arrivée soit pour cette nuit et me dis qu’elle pourrait peut-être me donner quelque chose pour stopper ces contractions, si ce n’est pas encore le moment. Je crois que j’ai un peu peur de ce qui va se passer, je souhaite donc différer ce moment. Pas de réponse…

Vers 1h ce 4 janvier, je vais aux toilettes et découvre un peu de liquide amniotique. Pour moi, c’est le signal, tu vas bientôt arriver, c’est sûr ! Emue, un peu stressée aussi, je vais réveiller ton papa. Il confirme que c’est bien du liquide, se demande combien de temps il a dormi (une demi heure !) et est tout ému également. Il va appeler notre sage-femme qui dormait et n’avait pas entendu mon message. Nous convenons de nous rappeler un peu plus tard pour voir comment les choses avancent.

Entre temps, nous appelons ta grand-maman pour qu’elle se prépare à venir garder ta soeur. En 20 minutes, elle est chez nous, toute émue elle aussi. Les contractions deviennent plus puissantes, mais toujours irrégulières : 6 minutes, 8 minutes, 5 minutes, 10 minutes. Je n’ai pas envie de vivre mes contractions avec ta grand-maman et ton papa qui discutent à côté, j’ai envie d’être dans ma bulle, dans mon cocon ; nous décidons donc de partir à la Maison de naissance. Il est un peu plus de 3h du matin.

Vers 3h30, nous arrivons dans ce lieu particulier qui deviendra celui de ta naissance. Je suis heureuse de ne pas aller à l’hôpital. La sage-femme est là, toute fraîche, dans des habits amples et jolis, la pièce est doucement illuminée et une musique calme s’échappe de la stéréo. Elle nous accueille avec le sourire et nous nous mettons à l’aise. Une contraction me traverse, elle me dit d’arrêter de parler et de vivre ma contraction. Nous lui expliquons le rythme particulier des contractions, nos doutes concernant un début de travail ou non. Je savoure les moments de pause, je suis bien, sans douleurs, présente. Nous nous installons sur le beau lit double qui nous a tant manqué pour la naissance de ta sœur. Il est tellement grand que je m’y sens presque perdue. La sage-femme m’examine et c’est tout sourire qu’elle m’annonce que le travail a bel et bien commencé, je suis dilatée à 4cm et il ne reste qu’un petit bourrelet de col. Elle semble ravie que le travail avance si bien malgré l’irrégularité des contractions : celles-ci sont efficaces tout en me laissant du répit, tant mieux ! Elle dit que tu es toute bien positionnée et que je peux gérer mes contractions comme je l’entends. Elle nous laisse pour remplir quelques papiers et avertir la maternité que je suis en travail. Ton papa est couché à côté de moi, sa douce présence me permet de me sentir soutenue et sereine. Entre les contractions, nous discutons, nous nous touchons un peu puis une nouvelle contraction arrive, je me tourne instinctivement sur le côté droit et respire aussi profondément que je peux. Je vis pleinement la contraction, la douleur, je l’examine intérieurement et me dis « c’est puissant mais presque agréable » ou « la douleur monte, quand va-t-elle arriver à son pic avant de redescendre ? Ouf, cela ne dure pas trop longtemps ! », « c’est fou comme je n’ai plus aucune douleur lorsque la contraction s’en va ! Et mon dos ne me fait même pas mal ! ». Pendant les moments de répit, je respire dans tous mes tissus grâce à une respiration apprise au yoga. Je sens tout mon corps se détendre, mon ventre se relâcher. Je pense à toi qui fais qui si bien ton chemin, qui a décidé seule de nous rejoindre, motivée.

Au fil du temps, j’ai moins de repos entre les contractions, je plaisante moins. Mais quel plaisir de ne pas avoir à compter mes contractions et leur durée et de juste me laisser bercer par leur rythme. Je me sens comme dans un rêve, ailleurs avec plein d’images et de pensées que j’oublie instantanément. Je sens que je souffle plus fort et je vois la sage-femme qui vient vers moi pour me masser entre deux contractions. C’est agréable, cela sent bon. Elle part ensuite remplir la baignoire et je sens qu’il faut que je bouge un peu. J’accueille la prochaine contraction à genoux par terre en me tenant au lit puis je me dis qu’il faut que j’aille à selle. Cette sensation est très désagréable et très forte, je ne vais pas arriver à aller jusqu’aux toilettes et me dis que tant pis, je vais me lâcher sur le tapis ! Je pousse un peu mais rien ne vient, je dis à haute voix que ça pousse, la sage-femme arrive pour m’examiner et me dit avec un sourire lumineux et une voix enjouée « « vous allez accoucher, votre bébé est là, la dilation est compète ! Si vous voulez accoucher dans l’eau, c’est maintenant ou jamais ! » Je suis abasourdie même si au fond de moi je sens que les choses sont si intenses que je sais que le travail avance bien. Je me dis que je n’ai pas senti ce fameux sentiment de mourir, que je n’ai pas paniqué comme je l’imaginais et que nous n’avons pas fait les positions exercées avec ton papa… je n’ai même pas eu besoin de changer de positions du tout en fait! Cela se passe si vite et je le vis si bien… et toi aussi ! Tu es très bien positionnée, tu descends comme une cheffe, comme si tu connaissais le chemin et mon bassin t’accueille avec plaisir. Je suis fière de toi, mon bébé ! Tu m’impressionnes. Lors des brefs contrôles de ton cœur, tu nous montres que tout va bien.

Je vais donc dans la baignoire qui a à peine eu le temps de finir de se remplir. Je regarde l’heure, il est environ 5h15. Tu vas aussi naître un samedi matin, comme ta sœur. L’eau est chaude, je m’y sens bien. Une contraction arrive, elle est forte et par réflexe, je me tourne tout de suite sur le côté droit (ma tête va presque sous l’eau !). Je me repose, dans la chaleur de la pièce et de l’eau autour de moi puis une nouvelle contraction arrive et je dois me retourner également. Je me souviens alors que m’avait dit que pour accoucher dans l’eau, je dois me mettre sur le dos car je suis grande et la baignoire petite et il faut que tu sois complètement immergée au moment de ta sortie. Je doute, je me dis que je ne vais pas y arriver, cela fait trop mal. Mais je n’ai pas envie de sortir, me sécher, trouver une position et je me souviens que l’eau soulage le périnée. De plus, c’est si beau cette salle de bain et si doux de t’accueillir dans cet élément mystérieux que j’aime tant. Je m’encourage et à la prochaine contraction, je reste sur le dos et pousse. Magnifique, je n’ai pas trop mal, je vais réussir à te mettre au monde dans cette position ! Je demande à la sage-femme si je dois faire quelque chose de particulier et elle me dit que non, tu descends toute seule, tu fais gentiment ton chemin. A nouveau, je suis si heureuse d’entendre des bonnes nouvelles et de voir que tu participes avec force à ta naissance.

La poche des eaux n’est toujours pas rompue, elle dit d’un air excité que tu vas sûrement naître « coiffée » (de la poche des eaux). Elle me souffle doucement que je peux crier lorsque je pousse. Une nouvelle contraction arrive – après un long moment de pause – j’agrippe l’écharpe suspendue au plafond, et dans un râle profond mais pas si fort, je pousse et sens que ta petite tête arrive. Je sens un « ploc » et dis « je crois que la poche des eaux s’est brisée » ce que confirme la sage-femme. Puis elle dit qu’elle sent tes cheveux, ton papa les touche puis moi – je me dis que tu en as également beaucoup –, je pousse encore une fois et ta tête sort, l’étirement est très intense mais je le vis bien. Je pousse encore une fois et tes épaules sortent également. Je sens un grand soulagement puis le reste de ton corps suit et on me dit de venir te chercher sous l’eau. Je prends mon temps car je sais qu’il n’est pas compté, t’attrapes sous les bras et te sors doucement. Tu pousses deux cris plutôt doux et le temps que je t’attire contre mon sein, tu dors déjà ! Nous sommes tous surpris. La naissance ne semble pas avoir été une épreuve stressante pour toi, heureusement. Il est 5h42.

Les minutes qui suivent sont surréalistes. C’est comme une succession d’images qui défilent devant mes yeux : ton papa et moi qui soulevons le cordon pour découvrir que tu es une petite fille, la sage-femme qui tient le cordon pour voir lorsqu’il arrête de pulser, les linges mouillés et chauds que l’on pose sur ton corps et ta tête pour te garder au chaud, ton papa et la sage-femme – deux anges – qui nous regardent avec tendresse et veillent sur nous dans cette ambiance orangée et calme, le placenta qui sort facilement et avec des contractions si douces par rapport à celles intenses de l’accouchement, ton papa qui coupe avec fierté ce cordon qui te reliait à moi, moi qui essaie de maintenir ta tête (et la mienne !) hors de l’eau alors que je glisse du coussin de bain, tes ronflements et nos rires à leur écoute. Nous sortons de l’eau, ton papa te tient et sort de la pièce puis nous nous mettons sur le lit, tu te réveilles doucement, on te regarde, tu nous regardes. Tu es si belle et si petite. Tu sembles ressembler à ta sœur. Tu prends ta 1ère tétée facilement, une vraie petite championne sur toute la ligne. C’est le moment (désagréable) que l’on me recouse, ton papa te cajole à son tour. Je suis fière de moi et surprise de la manière si facile dont j’ai vécu cet accouchement. Un vrai cadeau, la cerise sur le gâteau.

On va te peser et te mesurer: 3.550 kg et 50 cm, tu n’es donc pas petite du tout ! Vers midi, après quelques heures de sommeil et un bon petit-déjeuner, nous nous préparons pour quitter déjà ce lieu désormais magique et inoubliable. Nous n’y serions restés que 8 belles et petites heures. Je n’arrive pas à croire que nous sommes déjà sur le chemin du retour, tout est allé si vite et si bien. De retour chez nous, nous te présentons à ta sœur et ta grand-maman. Que d’émotions ! Ta grand-maman rentre se reposer chez elle, ta sœur part à la sieste et pendant que ton papa prépare le dîner, je me repose dans notre lit, ce lit quitté quelques heures auparavant alors que tu étais encore dans mon ventre. Et là, tu es en dehors de moi, dans ton petit siège à dormir sagement. Je regarde dehors, le temps est pluvieux et sombre, je suis si bien dans mon lit à te regarder et à réaliser tranquillement que désormais, ta vie, ma petite Léonie, a commencé.

MERCI <3

Très émouvent récit merci pour ton partage et félicitations en retard :-)

❤❤❤
Maman de 3 gnômes de 18 - 15 - 10 ans

Quel magnifique récit ! quelle sérénité... très impressionnant. on se croirait dans un rêve !
Félicitations !! jaime beaucoup le prénom aussi.

Magnifique! Merciiii!

Très beau récit, merci de l'avoir partagé !

(si je peux me permettre une toute petite remarque, cela serait un peu plus facile à lire avec quelques retours de ligne entre les paragraphes :) )


Rear Facing, the Way Forward. Mettez vos enfants dos à la route, 5x plus sûr !
Ma puce est née en août 2012, mon scarabée en avril 2015.

Waow! C est fou comme ca semble avoir été tellement tellement doux comme accouchement!
Incroyable!

Merci Ptitbonheur!!
Et bienvenue, bien qu avec du retard, à ta petite Léonie!


Projet d'espace éducatif alternatif: portage des bébés, couches lavables, écologie, ouverture aux parents, éducation à la paix et à la démocratie...
Plus d'infos sur www.l-alter-native.ch

Félicitations, très beau récit. Bienvenu à Léonie !

*****
Maman de 3 lutins de 2012, 2014 et 2017

Merci pour vos messages!

@Lanina: à Lunaissance, maison de naissance de Lully s/ Morges

@Sybille: merci de ton conseil, j'ai essayé d'aérer mon récit!:-)

Merci c'est beaucoup plus lisible comme ça ;)


Rear Facing, the Way Forward. Mettez vos enfants dos à la route, 5x plus sûr !
Ma puce est née en août 2012, mon scarabée en avril 2015.

Felicitations. Ton récit est juste magnifique....

Maman de 3 magnifique princesse de Novembre 2005, juillet 2008, juin 2012...
Doula (accompagnante à la naissance)
Masseuse femme enceinte et jeune maman.
Animatrice café partage et tente rouge à Froideville VD.
http://www.centrehistoiredetre.ch/

Magnifique!!! Ça n'émeut car ça me fait penser à mon propre accouchement!!!

Merci beaucoup du partage ❤

grossesse semaine par semaine

TG + le 18.07.13 :-)))

Frisettes MamanAndCo

Merci Luna! Je me réjouis beaucoup de lire le tien!;-) J'espère que tu vas bien et que ta petite merveille également!

Coucou quel beau récit. .... j'espère vivre un aussi bel accouchement. J'accouche aussi à lunaissance. . . C'était qui la sage femme?

« Ne te laisse pas distraire par le vacarme des hommes, par leur quête insatisfaite, désordonnée. Ils sont comme l'animal emprisonné dans l'enclos, qui tourne sans comprendre et cherche une issue qui n'existe pas.» Sagesse Amérindienne

Quel magnifique récit <3

♥♥♥ Petites princesses 02.04.2014 & 23.05.2016 ♥♥♥

Félicitations !
C'était vraiment très touchant à lire, j'avais les yeux tout humide et ça donne envie d'aller accoucher en maison de naissance !

Merveilleux...bienvenue à Léonie...

ptit bonheur tu accouches comme une fleur ...fabuleux. C'était Michele la sf ?
.ça fait chaud au coeur...ces superbes naissance en mdn....inspiration pour les femmes....j'aime j'aime j'aime :-)

Merci les filles pour votre retour. Je ne viens plus beaucoup sur le site donc je viens de voir vos réponses. Ma petite Léonie a désormais 15 mois!

Stiki, as-tu eu ton bébé dans l'intervalle? Si ce n'est pas le cas, je te souhaite un accouchement tel que tu le souhaites à Lunaissance.

YingYang et Stiki, la sage-femme c'est Alexandra, que j'ai beaucoup appréciée (Michèle dormait chez elle au-dessus et n'est pas descendue finalement car pas eu besoin et un peu malade).

Dzotte, tant mieux si mon récit t'a motivé te donnerait envie d'accoucher en MDN. ça donne plus de choix aux femmes de savoir que des accouchements extra-hospitaliers peuvent bien se passer (si pas grossesse à risque)!

Coucou non je n'ai pas encore eu mon bb mais je sens que c'est pour bientôt .... Oh j'ai aussi Alex et qu'elle perle! !!!!
bisous et merci pour ton retour

« Ne te laisse pas distraire par le vacarme des hommes, par leur quête insatisfaite, désordonnée. Ils sont comme l'animal emprisonné dans l'enclos, qui tourne sans comprendre et cherche une issue qui n'existe pas.» Sagesse Amérindienne

Oh cool Stiki! Bel accouchement!!! Et surtout, profite bien de ces moments que je te souhaite magiques, de découverte de ton petit bébé! Et je me réjouis déjà de lire ton récit!;-)